cauchemar


cauchemar

cauchemar [ koʃmar ] n. m.
• 1564; quauquemaire XVe; mot picard, de cauche, impér. de cauchier « fouler, presser » et néerl. mare « fantôme »
1Rêve pénible dont l'élément dominant est l'angoisse. « Je tombais de rêve en cauchemar, de cauchemar en convulsions nerveuses » (Colette). Faire des cauchemars. cauchemarder. Loc. adj. De cauchemar : effrayant. Une vision de cauchemar. Obsession effrayante.
2Fam. Personne ou chose qui importune, obsède, fait peur. hantise. « Les pronoms relatifs ont été le cauchemar de Flaubert » (Thibaudet).

cauchemar nom masculin (picard cauchier, presser, et moyen néerlandais mare, fantôme) Rêve pénible avec sensation d'oppression, d'angoisse. Idée, chose ou personne qui importune ou cause du tourment : Ce professeur est mon cauchemar.cauchemar (difficultés) nom masculin (picard cauchier, presser, et moyen néerlandais mare, fantôme) Orthographe Finale en -ar. Ne pas se laisser influencer par les dérivés cauchemarder, cauchemardeux et cauchemardesque. Remarque Ces dérivés, issus de l'ancienne forme cauchemaresque, ont subi l'influence de paires en -ard/-arder, comme bavard / bavarder, hasard / hasarder, etc. ● cauchemar (synonymes) nom masculin (picard cauchier, presser, et moyen néerlandais mare, fantôme) Idée, chose ou personne qui importune ou cause du tourment
Synonymes :

cauchemar
n. m.
d1./d Rêve pénible, effrayant et angoissant.
d2./d Fig. Chose ennuyeuse, obsédante; personne insupportable. Ce cours de math, c'est mon cauchemar.

⇒CAUCHEMAR, subst. masc.
A.— Vieilli. État d'oppression ou d'étouffement qui survient durant le sommeil. Le cauchemar d'un malade :
1. À l'aspect de ces difficultés, il fut découragé. Le monde social et le monde judiciaire lui pesaient sur la poitrine comme un cauchemar.
BALZAC, Le Colonel Chabert, 1835, p. 76.
Rem. Le cauchemar a été autrefois attribué à l'intervention d'un démon, d'un incube, de génies malfaisants. Smarra est le nom primitif du mauvais esprit auquel les Anciens rapportaient le triste phénomène du cauchemar (NODIER, Smarra, 1821, p. 21).
P. ext., usuel. Rêve pénible ou effrayant qui réveille le dormeur en le laissant dans un malaise ou dans l'angoisse. Sommeil peuplé de cauchemars :
2. Dans mon enfance j'étais sujet à de fréquents cauchemars, qui me laissaient terrorisé; je me réveillais en criant ou dans les larmes et craignais de me rendormir.
GIDE, Journal, 1929, p. 939.
3. Si calme, si gentil! comme un ami qu'un cauchemar vous a montré étendu mort et sanglant et qu'on retrouve au réveil, souriant, futile, animé, si inconscient de la menace.
GRACQ, Un Beau ténébreux, 1945, p. 101.
SYNT. Cauchemar atroce, horrible; cauchemar de descente, de poursuite; abominable, sinistre cauchemar; s'éveiller d'un cauchemar; se débattre contre un cauchemar.
B.— P. anal. Ce qui provoque la peur, la panique, l'horreur, l'aversion.
[En parlant d'une pers.] Être le cauchemar de qqn; le cauchemar de ma jeunesse. Celui qu'il [Bixiou] aimait le plus à vexer était le jeune La Billardière, sa bête noire, son cauchemar (BALZAC, Les Employés, 1837, p. 102).
[En parlant d'une atmosphère, d'une situation, d'un état psychol.] Visions de cauchemar :
4. Ce qui paraît vrai, ce qui paraît solide, c'est ce cauchemar du travail forcé, des brutalités, de l'injustice; ce qui paraît faux et fragile, c'est l'ordre, la liberté, le bonheur.
GREEN, Journal, 1946, p. 80.
SYNT. Le cauchemar de l'écrasement, de la guerre, de l'invasion; une journée, une maison, une prison, un silence, un visage de cauchemar; forêts de cauchemar; sombrer dans un cauchemar; sortir d'un cauchemar.
Par hyperbole, fam. Ce qui crée des soucis excessifs. — C'est un cauchemar cette chimie; sûr et certain que je vais me faire coller (S. DE BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, p. 201).
Prononc. et Orth. :[] ou [ko-]. [] ouvert ds FÉR. 1768, FÉR. Crit. t. 1 1787, GATTEL 1841, NOD. 1844, FÉL. 1851 et Pt ROB.; [o] fermé ds LAND. 1834, LITTRÉ, DG, DUB., Lar. Lang. fr.; [o] ou [] ds PASSY 1914, BARBEAU-RODHE 1930, Pt Lar. 1968 et WARN. 1968. Pour l'hésitation entre [] et [o], cf. aussi MART. Comment prononce 1913, p. 116, FOUCHÉ Prononc. 1959, p. 76 : ,,La prononciation hésite entre [o] et [] dans (...) cauchemar, causticité, caustique, cautère, (-iser, -ation).`` Cf. encore KAMM. 1964, p. 85 et, pour une liste de mots, BUBEN 1935, § 44. Ds Ac. 1694-1932; variantes cochemare ds Ac. 1694, cochemar ds Ac. 1718-1740. Qq. dict. admettent également la forme cochemar. Cf. FÉR. 1768, FÉR. Crit. t. 1 1787 (qui note qu'on l'écrit aussi cochemare) et GATTEL 1841. FÉR. 1768 et FÉR. Crit. t. 1 1787 signalent que Nicot a dit cauchemare; ils ajoutent que les Picards disent cauquemare et les Lyonnais cauquevieille. Pour d'autres formes provinciales cf. Lar. 19e : chauchi-vieilli (Isère), chauche-vieille (Rhône); cf. LITTRÉ : chaouche-vielio (Languedoc). Étymol. et Hist. 1. Ca 1375 cauquemare (SYM. DE HESDIN, Val. Max., fol. 54a ds GDF. Compl. : Quant il semble que aucune chose viengne a son lit, qu'il semble qu'il monte sur lui, et le tient si fort que on ne peut parler ne mouvoir, et ce appelle le commun cauquemare, mais les medecins l'appellent incubes [cf. incube au sens de « cauchemar, suffocation » 1584-90 Du Bartas ds HUG.]); ce malaise a souvent été attribué à l'action de sorcières, d'où quauquemaire « sorcière » 1440-42 (LEFRANC, Champ. des Dames, Ars. 3121, f° 120d ds GDF.); 1564 cauchemare (J. THIERRY, Dict. fr.-lat.); 1677 cauchemar (MIÈGE, A new dict., fr. and engl.); 1718 (Ac. :C'est un homme qui donne le cochemar); 1835 (Ac. :Cet homme est un véritable cauchemar); 2. p. ext. 1833 « rêve effrayant » (G. SAND, Lélia, p. 112). Composé, pour le premier élément, de la forme verbale cauche, de cauchier « presser », qui, étant donnée l'orig. pic. du composé (cf. 1580, BODIN, Demon., 108 v° ds HUG. : Au pays de Valois et de Pycardie, il y a une sorte de sorcieres qu'ils appellent cochemares), représente prob. un croisement entre l'a. fr. chauchier « fouler, presser » attesté sous cette forme dep. la 2e moitié du XIIe s. (Li Sermon saint Bernart, 159, 22 ds T.-L.), du lat. calcare (v. côcher) et la forme pic. correspondante cauquier. Le second élément est l'a. pic. mare (1285-1300 Gloss. abavus [Marchiennes, Nord], 1407 ds ROQUES, p. 37 : incubus : mare), empr. au m. néerl. mare « fantôme qui provoque le cauchemar », VERDAM, auquel correspondent l'ags. mare « spectre » [angl. nightmare], l'a. h. all., m. h. all. mar [n. h. all. Mahr] (DE VRIES Nederl.; KLUGE20). Fréq. abs. littér. :1 033. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 463, b) 1 420; XXe s. : a) 2 304, b) 1 850.
DÉR. 1. Cauchemarder, verbe intrans. a) Fatiguer comme un cauchemar; ennuyer, importuner. Emploi pronom., pop. S'inquiéter, se tourmenter. Hein! Est-elle assez canulante! Il faut qu'elle se cauchemarde (ZOLA, L'Assommoir, 1877, p. 470). b) Faire des cauchemars. La nuit (...) il cauchemarde. Il roule, à bicyclette (...) Un pneu éclate avec un soupir aigre (...) Il pique une tête dans la Loire (GENEVOIX, La Boîte à pêche, 1926, p. 160). Rem. On rencontre en outre ds la docum. l'adv. cauchemardement. À la manière d'un cauchemar. C'est une suite de récits cauchemardement fantastiques (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1894, p. 606). [] ou [ko-], (je) cauchemarde [(o)]. Au sujet du timbre de -au-, cf. cauchemar. 1re attest. 1840 (COGNIARD Frères, Roland furieux, XIII ds QUEM. Fichier); de cauchemar, dés. -er, avec intercalation de -d- sur le modèle de dérivés de mots en -ard, tels que bavard/bavarder. Fréq. abs. littér. : 2. 2. Cauchemardant, ante, adj. a) Qui donne le cauchemar; affreux; obsédant. Une laideur cocasse, farce et cauchemardante (GYP, Souvenirs d'une petite fille, 1928, p. 53). Le second mouvement, (...), devient une sorte de cauchemardante marche funèbre (S. LIFAR, Traité de chorégr., 1952, p. 70). b) Pop. [En parlant d'une chose ou d'une pers.] Importun, ennuyeux à l'excès. La loquacité de chacune de ces deux vieilles abandonnées est cauchemardante. Elles radotent éperdument (GIDE, Voyage au Congo, 1927, p. 838). Fréq. abs. littér. : 2. 3. Cauchemardesque, cauchemaresque, adj. Qui produit l'impression d'un cauchemar; terrifiant, fantastique. Un rêve biscornu et cauchemaresque (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1894 p. 915); dans le genre cauchemardesque, la poésie des Chants de Maldoror (...) a délivré une région du rêve et de la fantasmagorie la plus douloureuse, la plus hagarde, qui aurait dû faire oublier les Fleurs du mal (AYMÉ, Le Confort intellectuel, 1949, p. 39). [] ou [ko-]. Au sujet du timbre de -au-, cf. cauchemar. Aucune transcr. de cauchemaresque. Lar. 20e et DUB. : cauchemardesque; Lar. encyclop. : cauchemardesque ou cauchemardeux; ROB. Suppl. 1970 : cauchemardesque, cauchemardeux et cauchemaresque. 1res attest. a) 1919 cauchemardesque (BENOIT, L'Atlantide, p. 174); b) 1882 (E. DE GONCOURT, La Faustin, p. 319); a de cauchemar, suff. -esque avec intercalation de -d- d'apr. cauchemarder; b de cauchemar, suff. -esque. Fréq. abs. littér. Cauchemardesque : 2. Cauchemaresque : 6.
BBG. — MIGL. 1968 [1927], p. 317. — PAMART (P.). Écriture artiste et créations verb. Qq. glanures à travers le j. des Goncourt. Vie Lang. 1970, p. 306 (s.v. cauchemaresque).

cauchemar [kɔʃmaʀ; koʃmaʀ] n. m.
ÉTYM. 1564; cauchemare, jusqu'au XVIIe; quauquemaire, XVe; mot picard, cauche, impér. de cauchier « fouler, presser », probablt par croisement de l'anc. franç. chauchier et du picard cauquier, et de l'anc. picard mare, du néerl. mare « fantôme nocturne ».
1 Rêve pénible dont l'élément dominant est l'angoisse, et qui peut se traduire par une agitation, des gémissements, etc. || Être sujet au cauchemar. || Avoir le cauchemar (vx).Mod. || Avoir un, des cauchemars ( Cauchemarder). || Un cauchemar horrible. || Les cauchemars peuvent être provoqués par une digestion pénible, une mauvaise position dans le lit, une cause psychique… || Cauchemars de nerveux, d'hystérique, d'intoxiqué. || Cauchemar accompagné de délire. || Cauchemar persistant au réveil. Hallucination. || Angoisse (cit. 1) du cauchemar. || Cauchemar et rêve d'angoisse, et terreurs nocturnes.
1 (…) mon sommeil fourbu n'assurait pas votre quiétude, car je tombais de rêve en cauchemar, de cauchemar en convulsions nerveuses.
Colette, la Paix chez les bêtes, « La chienne trop petite », p. 69.
Par ext. Rêve effrayant. Rêve (mauvais rêve). || Avoir, faire des cauchemars toute la nuit.
2 (…) un rêve qui commence par le cauchemar pour finir par le ravissement.
Taine, Philosophie de l'art, t. II, IV, II, II, p. 146.
3 Il dévisageait l'Anglais avec l'expression d'un enfant qu'on a éveillé en plein cauchemar.
Martin du Gard, les Thibault, t. VII, p. 68.
Loc. adj. De cauchemar : effrayant, terrifiant. || Une vision de cauchemar. Cauchemardesque.
2 Fig. Obsession effrayante (qu'il s'agisse d'un événement appréhendé ou d'un souvenir qui hante). || C'est mon cauchemar. Hantise, tourment.
4 Chacun, malgré lui, y cherchait obstinément la grande nouvelle (dans les éditions spéciales) : que l'absurde cauchemar était enfin dissipé; qu'on en était quitte pour la peur (…)
Martin du Gard, les Thibault, t. VII, p. 277.
5 Dès qu'il parlait, c'était des tranchées, de barbelé, de veille, de macaroni, de barrage, de gaz, de tout ce cauchemar qu'il ne pouvait oublier.
R. Dorgelès, les Croix de bois, XVI, p. 326.
3 Fam. Personne ou chose qui importune, qui obsède, fait peur (comme dans un cauchemar).
6 Les pronoms relatifs ont été le cauchemar de Flaubert.
A. Thibaudet, Gustave Flaubert, p. 226.
7 La vieille hésite, s'éloigne, se ravise, tourne le loquet. — Qui est là ? — C'est moi, ma fille (…) Mathilde regarde son cauchemar qui avance. Alors, les dents claquantes, elle crie : — Laissez-moi.
F. Mauriac, Génitrix, p. 51.
8 (…) Je crains de ne garder qu'un souvenir confus; c'est trop étrange. Nous sommes enfin sortis du cauchemar de la forêt. La savane prend l'aspect d'un bois clairsemé (…)
Gide, Voyage au Congo, in Souvenirs, Pl., p. 767.
DÉR. Cauchemarder, cauchemardesque.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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